INTERVIEW: Monsieur David TSAASSE, Directeur général de SENSE

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Depuis l’arrivée du Covid-19, l’expression télétravail est désormais très utilisée. C’est quoi le télétravail ?

D’après l’encyclopédie libre WIKIPEDIA, le télétravail est une activité professionnelle effectuée en tout ou partie à distance du lieu où le résultat du travail est attendu. Il s’oppose au travail sur site, à savoir le travail effectué dans les locaux de son employeur. Plus généralement, le télétravail fait référence au travail qu’on effectue pour une organisation à partir de son domicile.

En quoi le télétravail est différent du travail normal?

Le travail normal s’effectue sur le site de l’entreprise sous le contrôle directe de cette dernière. Alors que le télétravail  s’effectue hors du site de l’entreprise.

Le télétravail concerne-t-il tout le monde ou simplement des experts en technologies digitales?

Le télétravail concerne de nombreux métiers et pas seulement les experts en technologies digitales. On parle par exemple de télémédecine, de téléenseignement, de télésurveillance, de téléconseil , de téléconférence et de nombreuses plateformes de freelancing permettant aux professionnels indépendants de fournir du travail aux entreprises ou au particuliers à partir des contrés distantes. Dont aujourd’hui une très grande proportion de la population est concernée par le télétravail.

Y a-t-il une formation spécifique pour pratiquer le télétravail ?

Pour pratiquer le télétravail, une fois que vous avez des compétences dans un métier classique ou un métier lié aux technologies digitales, il vous faut une formation sur l’utilisation des solutions de travail collaboratif, de communication virtuelle, de télésurveillance, de télétraitement et même de télépilotage…

Quels sont les différents facteurs à prendre en compte dans la mise en œuvre du télétravail ?       

Il y’a en premier lieu, le facteur contenu du travail. Il faut se rassurer que l’activité dont il est question est susceptible d’être exercé à partir d’un point distant. Comme pour dire qu’à l’heure actuelle toutes les activités ne peuvent pas se faire par télétravail. C’est par exemple le cas de l’activité d’un boulanger et de bien d’autres métiers du secteur industriel. Toutefois avec la mise en œuvre des usines 4.0 les choses pourrons évoluer dans l’avenir…

Le deuxième facteur est d’ordre technologique. Il faut des infrastructures, des applications et veiller à l’aspect cyber-sécurité. Ces facteurs seront amplement développés le 26 mai 2020 pendant la Grande Conférence Digitale sur le télétravail.

Il y’a enfin le facteur environnemental et sociétal. La mise en œuvre du télétravail dans un environnement bouscule les habitudes et les comportements dans les entreprises et les ménages. Travailler à partir de la maison ou avec des équipes virtuelles nécessite d’adopter de nouveaux comportements, de changer les routines établies, de bâtir de nouvelles cultures. En sommes un ensemble de défis qu’il faut bien adresser si l’on veut réussir à implémenter le télétravail dans une organisation. Cet aspect sera également abordé lors de la grande conférence digitale.

Quel impact le télétravail va-t-il avoir sur la production dans les entreprises ?

L’impact du télétravail  quand il est bien mis en œuvre dans une entreprise est perceptible sur le coût de production. Le télétravail permet à l’entreprise d’économiser sur les postes comme des frais de transport et déplacements du personnel. Ce qui n’est pas négligeable. En plus le télétravail permet à l’entreprise d’avoir accès à des expertises pointues venant des horizons divers à moindre coûts. Des expertises, qui ne seraient accessibles que par le télétravail. On peut ajouter à ces deux aspects, l’aspect flexibilité dans la gestion de l’emploi et le confort social que le télétravail peut apporter à une catégorie de travailleurs. Je veux ainsi parler des femmes qui peuvent grâce à la souplesse que procure la possibilité de télétravailler, allier harmonieusement responsabilités familiales et vie professionnelles épanouie.

L‘environnement africain et Camerounais est-il propice à la pratique du télétravail ?

Là n’est plus la question, l’actualité en cours avec le COVID-19 nous pousse à y aller, qu’on soit préparé où pas. C’est devenu une question de survie pour notre société. Je suis heureux que l’ensemble du corps social soit entrain de comprendre cette nécessité. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle nous avons pris la décision avec notre partenaire PANESS, et bien d’autres acteurs des technologies digitales d’organiser la grande conférence digitale sur le télétravail. L’objectif c’est d’accompagner nos entreprises et nos populations à tirer profit du télétravail à présent qu’elles y sont contraintes. Je ne doute pas qu’elles vont s’y adapter quoique pour l’instant l’aspect infrastructure de télécommunication constitue le principal goulot d’étranglement.

Quels sont les facteurs pouvant conditionner l’attitude concernant  l’organisation personnelle dans le télétravail ?

Il y’a surtout la discipline personnelle. Du moment où vous n’êtes pas supervisé directement par un collaborateur ou un supérieur hiérarchique, vous êtes obligé de vous autodiscipliner pour être productif. C’est une capacité qu’il faut développer pour réussir avec le télétravail.

Quels sont les  risques que peut comporter le télétravail ?

Il y’en a plusieurs et principalement l’isolement, le stress et le travail à des heures tardives sans pause. D’où la nécessité d’être formé pour apprendre à allier télétravail et une vie sociale équilibrée. Le thème humanisation et socialisation du télétravail que nous allons aborder lors de la grande conférence digitale sur le télétravail en parlera en profondeur.

Comment appréciez-vous la collaboration face à cette nouvelle pratique ?

Disons qu’en tant que consultant j’ai une grande expérience du télétravail. Je réalise beaucoup de prestations avec mes clients à distances. Je dois dire que le télétravail est plutôt une bonne expérience quand on l’utilise harmonieusement avec les méthodes de travail classiques. Il a plusieurs avantages que les modes de travail classiques ne procurent pas. Par exemple, quand vous faite une réunion en vidéoconférence, il n’est plus besoin de faire un compte-rendu, l’enregistrement automatique de la réunion peut amplement servir.

Quels sont les challenges qu’impose le télétravail à un employé ?

Les challenges imposés par le télétravail à un employé sont de plusieurs ordres. Il y a l’organisation personnelle : il faut se discipliner. Il y a les problèmes de connectivités à résoudre : il faut disposer d’au moins deux ou trois connexions internet pour rester en permanence connecté avec les collaborateurs. Il y’a enfin la capacité à utiliser les outils de communication et de travail collaboratif : il en existe une pléthore sur le marché et il faut se former pour les utiliser.

Comment peut-on évaluer la productivité d’un employé en télétravail ?

Le principal instrument de mesure de la productivité du télétravailleur  reste l’atteinte de l’objectif ou du résultat assigné à la tâche. Les autres moyens de contrôle et de supervision directe du travail étant inopérants dans la situation du télétravailleur.

Les Concepts d’efficacité en entreprise et de rentabilité en entreprise sont souvent évoqués quand on parle de télétravail. Une entreprise peut-elle rester efficace en pratiquant le télétravail ?

Bien évidemment que oui. D’ailleurs le fait pour une entreprise de développer les capacités de télétravail est un avantage compétitif de poids en cette ère de l’économie numérique principalement marqué par la mobilité des facteurs de production. Vous remarquerez que les entreprises qui se sont vite adaptées face à la crise de COVID-19 sont seules qui ont développé en internes les capacités de télétravail.

Comment contrôler les employés dans un tel environnement ?

D’abord et principalement par les résultats produits. Ensuite, il y’a des outils de télésurveillance qu’on peut mettre à contribution. Il y’a également les appels et les réunions à périodes fréquentes.

Le faible taux de pénétration d’internet au Cameroun n’est-il pas un frein à la pratique du télétravail ?

Je pense que c’est surtout le coût encore élevé de la connexion internet et la faible bande passante qui constituent le véritable frein.  Il y’a également les problèmes de disponibilité de l’énergie électrique. Vous imaginez, vous êtes en train de participer à une vidéoconférence et paff c’est une coupure de lumière ou la baisse subite du débit de la  connexion internet, alors vous êtes déconnectés et vous perdez pour un certain temps le fil de la rencontre. Voilà en réalité les véritables challenges pour le télétravail au Cameroun.

Vous organisez le 26 mai prochain une grande conférence sur le télétravail. Parlez-nous de ce projet.

La grande conférence digitale sur le télétravail est une plateforme d’accompagnement des entreprises et des particuliers dans le développement des capacités de collaboration, de travail et de production grâces aux équipes virtuelles. L’évènement vise les objectifs suivants :

Sensibiliser les participants sur les opportunités de création de valeurs grâce à l’utilisation des technologies et bonnes pratiques de télétravail ; Présenter les techniques d’élaboration d’une stratégie de mise en œuvre du télétravail dans une organisation ; Analyser l’impact économique et social du télétravail pour une organisation ; Présenter les différents outils et solutions technologiques disponibles et accessibles  pour la mise en place du télétravail ; Gérer le changement induit par l’adoption du Télétravail ; Explorer le cadre juridique applicable au télétravail ; Identifier la relation entre télétravail et transformation digitale de l’entreprise.

Quel intérêt à participer à un tel événement ?

Pour une entreprise les bénéfices sont les suivants : développer et renforcer son image de marque,  découvrir les outils pour optimiser sa performance opérationnelle, développer les capacités dans la digitalisation de ses activités, acquérir les capacités de  gestion des équipes virtuelles, faire le benchmark de ses pratiques de télétravail avec celles des autres entreprises et  développer la une culture d’agilité et de résilience opérationnelle.

Pour un particulier il s’agit: de développer et renforcer ses capacités dans l’usage des technologies digitales, de développer ses capacités dans l’utilisation des outils et solutions de communication et de travail collaboratif, de développer ses capacités à travailler dans les équipes virtuelles, de nouer de nouveaux contacts professionnels et découvrir les opportunités offerts par le télétravail.

Lien pour s’inscrire à la grande conférence digitale sur le télétravail : www.grandeconferencedigitale.com

Réalisée Par Hervé Villard NJIELE et Fabrice ONGOMBE

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